Blog de Geneviève Grousson-Troyes

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lundi 11 janvier 2016

Photographies pour the "Blackstar", dernière métamophose !

Résister à des morts successives

On le sait depuis quelques heures, David Bowie notre génie glamour et « «ovniesque » est parti lui aussi. Je m’apprêtais à aller acheter son dernier disque « Blackstar » dont le clip a été tourné il y a quelques semaines. Dire que c’est le dernier. Sa dernière métamorphose. Si ce ne ne sont pas mes enfants qui me procurent sa musique, c’est moi qui surveille les sorties. J'ai suivi ses débuts et trente ans de sa musique et de ses films…comme ceux de ma génération aiment l'art, le rock et la pop. J’ai une belle collection et il n’y a pas une seule fête où nous ne dansons sur « let’s dance » ou « Modern love ». Il vaut toujours mieux acheter le disque et manipuler ses pochettes qui sont un régal créatif. Le dernier disque concentrant toutes ses dernières énergies sera aussi beau et aussi perpétuellement émouvant que « Bleu pétrole « de Bashung qu’il ne vaut mieux pas écouter les jours de spleen. On sent que le départ est proche et que la voix est profonde et définitive, les textes démesurément poétiques et planants. Le clip est sidérant, lunaire, mystique, ironiquement religieux. Les tressaillements musculaires des danseurs représentent-ils les convulsions et les souffrances de la maladie ? La lutte pour rester en vie ? Cette fiction macabre ou crucifixion évoque-t-elle celle de Daesh ? La punition ultime ? Ces musiques de la fin, très cosmiques et symboliques… et que nous aimons passionnément nous mettent en relation avec ceux que nous avons perdus. Elles nous donnent paradoxalement envie de vivre le plus longtemps possible pour profiter de ce dont elles racontent. L’art, la couleur, la mode, le théâtre, de design à travers la musique, la vie : sa musique devait « ressembler visuellement à la manière dont elle sonne ».

Des photos plutôt que des larmes "vérité de l'instant"

C'est drôle, hier le temps était maussade, le ciel gris, la journée agréable et calme. Nous avons décidé de nous rendre au Musée. Pas de montagne, la pluie, le vent, les tableaux comme remontant… Le musée de Grenoble expose jusqu'au 7 février "Geogia O'Keeffe et ses amis photographes" Alfred Stieglitz,Paul Strand Edward Weston, Eliot Porter, Ansel Adams. Alors qu'en classe avec mes BTS, je suis en train de voir les années 20 et l'arrivée de l'abstraction dans les avant-gardes, je redécouvre les photographies abstraites au Musée où je dois absolument amener mes étudiants. La "straight photography" la Photographie Sécession américaine de la galerie "291" à New-york est en harmonie avec l'oeuvre de O'Keeffe. Le regard qui se pose sur son sujet, des fleurs, des coquillages, des corps, des fragments de paysages urbains, se pose sur des structures, des formes du monde réel et sans artifice,"vérité de l'instant".

Clic

En sortant de l'expo, je suis submergée. Je me suis laissée porter par les photos à la simplicité formaliste de Paul Strand et je m'y essaie à nouveau (je revis mes études à Paris et mes heures de labo en noir et blanc) en recherchant la beauté d'objets que j'ai l'habitude de photographier. Les photos de ce dimanche sont une épure par rapport à d'habitude. Je pense aussi à mes fleurs sur les murs, iris, pensées, hibiscus, jonquille. Elles sont si tumultueuses à côté de celles de Georgia O'Kieffe. Je kiffe. On verra la suite des mes dessins et peintures, si une seule exposition peut jouer à part entière pour me faire laisser un bout de mon obsession du trait. Lundi, le choc, la mort d'un artiste que je vénère. Clic, je poste illico presto mes photos diaphanes et noires de dimanche sue mon blog. Le clip de Bowie révélé pour la première fois ce matin par le site de Libération est somptueux, très anglo-saxon lui aussi, très symbolique également, aspiré vers le ciel, éthéré et qui touche l'âme.

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mardi 5 janvier 2016

"Tout est beauté" : Corse, grandeur nature…

Pour une commande

Comme cette maison logée dans le rocher, en parfaite entente visuelle, deux dessins vont prendre place face à la mer, perceptible à travers des baies vitrées, presque à 180. En Corse, les paysages sont ceux d'un monde protégé et les villages semblent authentiques et pétrifiées dans le temps pour vivre en articulation avec la nature, en harmonie.

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corse_1.jpg Immédiateté

Marcher au grand air, nager, pêcher en Corse est merveilleux. Y dessiner aussi. J'ai illustré chaque balade depuis plusieurs années. Dessiner dans le maquis ou dans une crique c'est pouvoir admirer au ralenti la faune, la flore, les panoramas et sa multitude de couleur. Je pratique toujours le dessin "sur le motif" à la manière des impressionnistes et j'arrête le crayon, le feutre, le pinceau sur place quand j'estime le croquis fini. Je ne souhaite jamais y retoucher car ce serait altérer ce premier jet, cette première impression et ce langage de l'immédiateté.

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L'attrait naturel

Quand je reviens plusieurs fois dans un même site à quelques années d'intervalles, je suis émue de reconnaître tel ou tel caillou, rocher, massif, cabanon, pin parasol. Je me remets dans l'état d'esprit du premier dessin. Il s'avère que tout a changé du monde vivant mais que les formes du paysage sont disposées et combinées de manière figée dans une sorte d'éternité minérale. Je parcours avec mon œil les lignes de l'horizon et je bute sur les mêmes contours, les mêmes premiers groupes de formes puis au deuxième ou au troisième plan dans le lointain. Je fais toujours une série quasi religieusement au même endroit pour pouvoir garder le meilleur comme nous pratiquons en photographie numérique. Au fil des pages recouvertes, mes doigts de salissent à la mine de plomb et aux aquarelles, les geste s'accélèrent et je suis en proie au même frisson quand je commence à devenir plus radicale, plus abstraite, plus synthétique. L'endroit se révèle avec encore plus d'émotion. Souvent, je refais spontanément les mêmes perspectives, je conclus le mêmes dessins à peu de choses près. Le trait ne bouge guère car il n'évolue pas beaucoup en 30 ans de dessins ! Seules les couleurs et l'échelle, le format, le support, le sens de la feuille évoluent, dépendant aussi de la taille de mon sac de randonnée. Pour la composition en revanche, je suis habituée et je peux me jeter sans canaliser mon imagination picturale, je suis libre et détachée, je n'ai pas peur du résultat… 

Rituel

C'est clair, cela pourrait m'être reproché, je reviens toujours au même style de dessin mais avec des relations esthétiques toujours déclinées, revues, rafraîchies, renouvelées. Je m'impose souvent une nouvelle série de gamme colorées, presque aléatoire. J'adopte des couleurs plus acides dans leur ensemble, plus tendres ou plus agressives. Comme dirait Rodin, dans la nature tout est beauté. Idem pour les couleurs. Je m'impose ces changements que j'opére à l'avance, quand je prépare ma trousse. Je teste mes nouveautés que j'achète comme des gourmandises : pointes des feutres, papier ultra léger et ultra blanc. Je décide de m'interdire tel ou tel outil, telle ou telle couleur mais je n'ai pas beaucoup d'autorité avec moi-même, mon surmoi est en vadrouille. Je joue un instant pour avoir la conscience tranquille mais je m'aperçois que je retrouve souvent le même plaisir dans les mêmes habitudes.

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Par volonté et par hasard

Même si j'augmente les contraintes comme je le fais avec mes élèves afin qu'il progressent, j'ai la certitude que le sentiment arrive avec une sorte d' équilibre "bénéfice-risque". Se forcer à changer et renouveler mes acquis, fuir la répétition puis revenir à des pratiques simples et préférées : tel est l'enjeu. Je lache le trait (jusqu'à la caricature pour les personnages) avec le plus de promptitude possible, pour garder l'essentiel de la lumière, les structures, les pourtours des formes que je traduis en plein et délié par un trait assez "gras", épais. J'ai peut-être inconsciemment ce besoin de l'artiste à vouloir communiquer le côté frappant d'une situation, d'une position… Faire comprendre l'attrait naturel qu'exerce sur moi la beauté d'un endroit, le charme d'une geste, d'une posture.

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Métamorphose artistique

Rien de mieux pour donner de la visibilité à mes dessins qu'un beau mur blanc dans une magnifique maison contemporaine, face à la mer. Le trait, la tâche de couleur, la planéité du support, la brillance, tout est parfait même la distance qui permet le recul. Sur un diptyque, j'ai représentée deux portions d'espace esquissées au plus près, des plages et criques aux roches rosées et biscuitées, qui apparaîssent simultanément sur un support panoramique blanc tout plat, disposé légèrement détaché du mur. La magie du lieu opère, la métamorphose artistique a lieu. Il y a une affinité secrète entre mon tableau et la maison. Tout s'unifie calmement et strictement malgré le registre chromatique saturé et contrasté. C'est un rought au feutre, crayonné à la plage, rehaussé in situ avec des aquarelles et des acryliques bleu lagon et rose framboise dégradé avec des ocres saturés, du vert herbe et du jaune citron, du noir et du blanc. Les cailloux sont représentés par des traits "échevelés" et libres mais d'épaisseur homogène. A prendre comme un geste expressif. J'aime bien la force suggestive qui sort de cette mer figurée qui rivalise avec la vraie, en face.

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mardi 13 octobre 2015

MOOD BOARD, le tableau noir sur lequel on écrit des mots…

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Je ne sais pas si c'est mon service scolaire qui fait du mot un objet d'amour.

Dans mes pratiques de graphisme ou de design, je cultive "le mot" jusqu'aux confins. Je le porte avec enthousiasme, ce qui fait de moi une bavarde mais aussi me permet d'être critique et d'essayer d'enseigner l'esprit critique. Dans mon exposition "Mood-board", j'ai cloué (au sens propre et au sens figuré) des mots "inducteurs" qui me conduisent à un dessin ou inversement. J'ai observé "des constantes" au fil du temps. J'ai eu envie de les évoquer et de les placarder comme un affichiste. J'ai fabriqué des petits panneaux d'annotations et de mots, regroupés sous la forme d'un "nuage" en référence au web. J'y ai donc consigné des mots, traité graphiquement dans une typographie contrastée qui met en valeur une hiérarchie. En gros tout ce qui se rapproche de près ou de loin à ma pratique graphique, à mes dessins et qui justifie mes envies de le faire comme je le fais. Gainsbourg disait toujours qu'il aurait préféré être bon en peinture, moi j'aurai aimé écrire et je demeure dans le doute pour tout ce que je fais, même si j'en suis fière, le défendant bec et ongles. Cette passion de l'expression me donne aussi beaucoup de complexe, paradoxalement.

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La quête du sens

Nous pédagogues nous disons souvent la pensée s'accomplit en parlant tout comme le concept graphique nait en créant; en ce sens tout se crée en même temps, simultanément, dans "l'action" et dans "le faire". Puis "le dire". Parler, dessiner, écrire en harmonie, réussissant une parfaite fusion du fond et de la forme (deux notions qui du coup n'existent plus l'une séparée de l'autre), à la recherche du sens. Le simple fait d'élire tel ou tel sujet, d'extraire, de synthétiser, d'abstraire permet de mieux accéder à cette signification ou à cette symbolique si nécessaire et tant recherchée. Si la manière change, tout change. Je sais à quel point je ne peux que difficilement changer mes outils : mine de plomb , pointe souple pour le geste, couleur liquide et transparente pour obtenir des glacis. Beaucoup de blanc, le fond de la feuille. Dessiner sur une page blanche est aussi jouissif qu'être le premier à faire les traces dans une pente de de neige immaculée. La vie d'aujourd'hui ne se nourrit que de répétitions et de copies en cascade. Des gestes communs à la culture qui ne se livre plus qu'à la mode et à ses dictats. Une piste de ski ratissée par les touristes les semaines de vacances et désirs similaires à la queue-leu-leu.

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Plus grand

J'aime mieux mes très grands formats mais je ne garde pas ce que je fais. Je n'ai pas osé faire un prêt auprès de mes acheteurs pour le temps de l'expo afin de montrer mes dernières pièces. J'ai remis mon diptyque des 2 grands lys jaunes que les habitués avaient déjà vu chez moi…désolée mais ils servaient bien mon propos. Les petits formats étaient un peu "perdus" même si ce "Mood board" fût apprécié pour ses nouveaux supports en bois, fabriqués maison… Nous étions nombreux au vernissage et c'est toujours pareil, mes amis honorent ce rendez-vous, je sais que je peux compter sur eux. Si j'avais du temps j'aimerais tous les dessiner.

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dimanche 9 août 2015

"MOOD BOARD" à Uriage Les bains

AFFICHE_Genevieve_Flyer.jpgUn anglicisme…

Board, tableau noir, blanc et interactif, etc. Dans les agences de publicité et de communication visuelle, les mood boards sont utilisés en design pour préparer la ligne de communication qui accompagnera la création d'un produit. Les mood boards sont des sortes de "tableaux symboliques et sémantiques", compositions hétéroclites à base de photos, de textes, de collections, et brainstorming et autres listes de mots évocateurs d'une tendance… Plein d' éléments signifiants de toutes sortes mettant à nu les mécanismes des créations et les concepts. Tout le monde ne fait pas ces planches de tendances préliminaires avant de créer. C'est pourtant une étape dans le "process", c'est une partie de l'investigation qui permet d'approfondir un sujet et par cette méthode de regroupement des éléments d'observation, des éléments imaginaires, des éléments culturels constituant un univers à part entière. Dans les agences de design, on y mêle les socio-styles (portrait des utilisateurs, les spectateurs, les acheteurs, etc)… la dite "cible". Chaque style de personne est en quelque sorte modélisé et l'on peut ensuite créer spécialement en se référent à ce modèle. En art, heureusement que l'on ne crée pas pour plaire forcément et que l'on n'utilise pas le mood-board à des fins commerciales car ce ne serait pas de l'art.

Détournement

Je détourne librement le mot "Mood-board" pour embarquer les visiteurs dans une sorte d'espace de travail, avec ce que j'aime, pensées issues de mon histoire personnelle, de ma vie personnelles, mais aussi de l'actualité, de la société, etc.

La glisse et glisser sur les choses…

Skate-board et board, borderline, kite et planche à voile sont représentés en relation avec des photos.

Portrait_sica.jpg Board

C'est aussi le mot "embarquement" dans les airs, sur la mer… comment aujourd'hui ne pas penser aux migrants. Prêts à s'embarquer sur n'importe quel bateau ou avion, échapper à tout prix à la guerre… Difficlle sujet à épingler sur le mood-board. J'ai mis quelques portraits africains, dont un portrait crayonné à la mine de plomb. Tout dessin d'après modèle réel est comme une cérémonie dans un espace sacré. J'utiliserai en vrai et en fac similé les "push-pins", les épingles pour afficher sur le mur, en hommage à Push-pin Studios créé à New-York en 1954. Les thèmes visuels et les intentions seront déclinées de multiples manières montrant les sentiments, les ambiances, le contexte d'élaboration des chacun des travaux exposés sur des tôles, dans des formats habituels, sur des sortes de lutrins en bois faits "maison".

Vernissage le mercredi 16 septembre 2015

mercredi 5 novembre 2014

Merci

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Merci à tous d'être venus pour ce rendez-vous à l'atelier. Le site de la MAPRA avec sa géolocalisation bien pratique et les flyers fluo ont bien aidé, les premières photos sur Facebook, le livre aussi. Le bouche à oreille également. Après quelques déménagements et arrangements, l'atelier était ouvert et "actif" en continu.

La table de ping-pong a servi pour étaler les dessins. Le soir le salon pour danser … Bien que rangé en début de journée, l'atelier avait pris les couleurs d'automne, jonché de feuilles crayonnées et de peintures à même le sol.

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Bref, c'était très existant de montrer ma tanière et de recevoir en même temps un grand format qui a pu être livré à temps après deux semaines de course.

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lundi 21 avril 2014

News / RENDEZ-VOUS À L’ATELIER 2014 Les artistes plasticiens en Rhône-Alpes vous ouvrent leur porte Samedi 11 et dimanche 12 octobre 2014 de 10h à 19h

Me voilà

il y a 10 ans, j'avais chargé Alexandre Poisson, un de mes élèves de l’époque, de créer un site pour moi. Il est assez complet même si certaines parties sont obsolètes. Le Flash website |groussontroyes.com] n’apparait plus sur les petits supports tels que les Iphone ou Ipad ou autres tablettes. Seulement sur un ordi. Dommage car il me convient bien. Il ne s'est pas démodé, il reste "frais" et franchement artistique. J'ai greffé mon blog dans une des rubriques… Je n'ai pas vraiment le temps d'y apparaître souvent, mais bon… si vous êtes directement arrivés sur le blog sans passer par la case départ, allez voir le site http://groussontroyes.com

huhuhuhuhu_jpeg.jpg En revanche, je prépare un livre en quelques exemplaires et , enfin, un catalogue en ligne. J'utilise les possibilités des outils du web. Après des heures de vol sur des sites, j'apprécie l’auto-édition comme un jeu, sympa et efficace, mettant court aux longues étapes de la maquette et mise en page d’imprimerie. D'ici peu, je pourrai faire circuler de main en main un livre dos-carré-collé, avec une jacquette et des rabats, très « classieux ». Une belle couverture, des pages qui égrèneront des images de qualité avec quelques commentaires. Il y aura deux parties une avec mon travail personnel et artistique et l’autre avec le design, l’archi et la déco. Je ne sais pas comment y intégrer la pédagogie, qui occupe tout mon temps depuis la création du pôle de design à Grenoble (Argouges). Si j’en fait 5 exemplaires dans un premier temps, je pourrai les faire circuler, les prêter et je serai enfin en possession d’un outil de communication. Je pourrai aussi moissonner des avis pour la suite…

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Rendez-vous à St Martin d'Uriage

Pour voir mes tôles (j'insiste), les oeuvres sont à voir et à toucher et non à consulter en ligne, c'est trop plat, trop petit, trop réduit sur un écran. Et puis ça abîme les yeux. Venez pour : le RENDEZ-VOUS À L’ATELIER 2014; les artistes plasticiens en Rhône-Alpes vous ouvrent leur porte et je me suis inscrite, histoire de me booster et d'avancer mon histoire d'aménagement d'atelier. C'est Samedi 11 et dimanche 12 octobre 2014 de 10h à 19h. Il y a aura des cartons à dessin avec des dessins, des grands formats en tôle d'aluminium. Expo outdoor et indoor. Présentés dehors, mes tableaux ne prennent pas l'eau : ils sont traités pour résister aux ultraviolets et aux intempéries les plus dures, comme la carrosseries des voitures. Elles ont un poids, une matière solide et un aspect brillant comme du verre, des couleurs comme du bonbon. Le chassis a une épaisseur de 3 à 4 mn d'aluminium. J'en suis très fière et je suis motivée à les rassembler sur mon lieu de travail.

mercredi 19 mars 2014

Atavisme

Ce sont les éléments physiques qui nous transportent, dans un seul élan, dans le domaine plastique.

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Après avoir été geek, je fuis les écrans… (excepté Arte TV)… Les travaux d’archi et décor sont palpables et concrets. La peinture et le graphisme nous occupent avec du papier, des stylos, des crayons, des pinceaux et de la couleur. Idem, une seule heure de sport dans le givre et la glace en montagne ou dans l'écume de la mer, une seule après-midi de jardinage ou d'activité culinaire, permet de construire des paysages subconscients et des passions cent fois supérieures à celle obtenues par l'entremise des technologies. La technologie est faite pour aller vite, pour ne pas exécuter lentement ce qu'une machine peut nous permettre de faire vite et bien. Le temps gagné avec elle, dans un sens, amène à se recentrer sur l'essence de la vie.

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Quand je lis l'actualité sur les secrets des lunettes connectées et que je réalise tout ce qu'elles vont changer, je me dis que pauvres seront les hommes et les femmes qui n'auront plus que ce joujou aux réponses toutes formulées et décryptées, fournies sur les écrans. Le goût des choses bien réelles, authentiques que l'on élabore soi-même ne va-t-il pas disparaître au profit des kits, des badges et gadgets qui vont agir sur nous de manière de plus en plus intrusive ? Les chiffres sur la santé font aujourd'hui l'effet d'une bombe : notre corps se dégrade dans l'environnement contemporain. Notre cerveau, nos papilles, nos yeux.

"DO IT YOURSELF"

Pour l’art et le design, faire c’est concevoir et investir toutes ses pensées pour faire exister quelque chose d’unique qui relève de « soi », n’appartient qu’à soi et n’engageant que soi. corse171.jpg

Le goût du beurre frais ou du chocolat d’autrefois et des choux à la crème que ma mère cuisait pour les jours de fête, existe bel et bien. Les dalles de béton que j’ai lissé avec mon oncle, adolescente, les grands travaux de terrassement de mes maisons et leurs génolaines qui sortent des tranchées mettant à nu les mécanismes de la construction, sont autant objets concrets imbriqués à d'autres objets de ma vie, dans les différentes strates de mon expérience. Je suis prête à fendre quiconque tient pour le contraire que les choses que l’on prend le temps de fabriquer soi-même, sur mesure, sont les meilleures.

Tous les éléments expressifs de l'artiste, de l'architecte ou autres créateurs, sont imprégnés de la vie et de ses lieux communs, des émotions, des sentiments, des voyages, des livres, des films et des spectacles qui s’additionnent pour enrichir les images « intérieures » que l’atavisme déroule en nous obscurément. Sans vécu et sans ses étincelles, il n'y a rien. Je ne peux expliquer pourquoi j’ai considérablement apprécié le dernier film de Jim Jarmush « Only lovers left alive ». Le sujet certainement : le temps qui passe sur le monde qui se dégrade par la faute des hommes et deux extraterrestres, enfin je veux dire deux vampires, qui bravent le temps et regardent d’en haut les choses se faire et se défaire… quelquefois en dépit du bon sens ! Plasticité géniale, musique lancinante, beauté des décors, atmosphère décalée et tellement attachante. Tellement artistique !

jeudi 18 avril 2013

Expo flash à Uriage Du 15 au 26 Avril OFFICE DE TOURISME D'URIAGE

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Décision prise rapidement, apparition du soleil, poussée de printemps, exposition flash et juste 10 jours pour occuper l'espace d'exposition de l'ancienne gare du tramway d'Uriage. La salle de l'office du tourisme est toujours aussi visitée par les curistes surtout à cette saison. J'ai donc choisi un répertoire visuel le plus frais possible avec des dessins, histoire de continuer ma résistance aux machines avec ma mine de plomb, mes acryliques et mon feutre "Posca" noir.

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Il y a aussi deux compositions, l'une verticale l'autre horizontale, du même sujet (fleurs de l'affiche). Je présente donc deux versions dans la même exposition, un "multiple". Je n'en fais pas des kilomètres chaque fois, 2 ou 3 au maximum et cela me permet de décliner sur des surfaces différentes, ne renvoyant pas aux mêmes effets. Mon ordinateur et mon smartphone ne sont pas mon extension portative et je ne passe de moins en moins de temps sur ces machines. Je demande à un infographie de traduire mon travail sur un écran afin de réaliser des tableaux sur de l'aluminium. Lui le fait en spécialiste, bien mieux que moi, et en même temps je m'affranchis donc de l'aspect technique pour mieux me consacrer à mes peintures, à mes aménagements et à mes cours.

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C'était donc inéluctable, je suis passée au numérique et je ne pense pas pouvoir m'en passer. L'aspect "gloss", lumineux et la qualité des aplâts de couleur de cette matière industrielle me fascine. Mon dessin est suffisamment gestuel et "courbe"pour être montré sur un support raide. J'ai les mêmes penchants pour mes aménagements. Je préfère travailler les murs et les éléments dans l'espace grâce à des plages de contrastes de couleurs et de matières. Dans le dernier qui est livré maintenant, l'escalier en verre et les joints creux durcissent et simplifient le jeu des forme, les ramenant à l'essentiel.

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Ce mois-ci, j'ai été "emballée" par l'exposition d'Alselm Reyle au Magasin site Bouchayer Viallet à Grenoble, qui pose la question de l'innovation en proposant des matières réfléchissantes, lumineuses, fluorescentes, luminescentes. J'ai montré à mes élèves son travail pour l'enseigne Dior et nous nous sommes attardés en cours sur ses recherches ingénieuses appliquées aux techniques du cuir et du textile.

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De même en Espagne j'ai pu admirer le travail graphique de Javier Mariscal sur un Ipad et avec mon nouveau modèle Rétina je vais pouvoir essayer le dessin avec le doigt sur ces outils tactiles. Je ne sais pas encore en quel sens mais je suis sûre que ces découvertes vont impacter mes recherches.

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lundi 1 avril 2013

Coup de coeur

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Cela peut paraître impudique mais voilà que me prend l' envie de raconter. Ecriture et catharsis font bon ménage… J'ai en effet plus de nouveautés dans ma tête que je n'en ai vraiment produit (je veux parler des oeuvres dont il est généralement question dans ce blog) . Je rentre de l'hôpital où les médecins ont brûlé un bout de mon cœur, un morceau dérangeant, le faisant battre trop vite. Court circuits, courant déphasé, un peu speed ou trop mou. L’essentiel est d’avancer à rythme constant : telle est la devise du cardiologue, et telle sera la mienne désormais. C’était une ablation par radiofréquence, intervention médicale qui sert à corriger l'arythmie, c'est-à-dire un rythme cardiaque irrégulier. J’ai eu peur que le chirurgien ne me pète un câble avec son brin d’autorité technologique et ses tirs de mitraillette au coeur de la centrale… en réfléchissant un peu je me dis qu’il a plutôt victorieusement réparé ce que d’autres m'avaient aider à casser.

C’est bon. Ouf, je vais bien. Mais depuis, bien que calme et heureuse, je suis en convalescence, calée dans le canapé de mon salon. Je porte pour la première fois de ma vie des bas de contention (…), je me love sous une couverture et regarde à travers la fenêtre ce mois de mars exécrable. Il pleut, il neige. Je regarde aussi la TV non-stop (Arte, génial) entre une sieste et un article de presse. Repos, les travaux de mes élèves sont évalués, mes tableaux 2013 sont arrivés (et à peine déballés). Excepté pour la commande de Montpellier, je ne suis toujours pas sortie de mon sujet habituel : la nature, je veux dire "Nature" dans ce qui nous est donné au départ.

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Je continue à représenter des êtres nus et seuls, sans aucun rapport au travail et sans aucun lien social, détachés et éloignés des représentations idéologiques. Ce qui les range à mon goût dans un espace universel et "naturel" est la composition sur fond blanc : rien autour ne les présente mieux que le vide, loin de l'héritage social qui souvent les rend inégaux. Ils sont peints et "dépeints" sur une page blanche, "seuls avec leur conscience". Ce ne sont pas des personnes mais des êtres. Dans cet ordre naturel et permanent, il y a aussi les fleurs et les paysages. En absence de contacts normaux avec mes semblables, en ce moment sur mon canapé, je me glisse la plupart du temps dans mon être biologique sans grand potentiel et dans "un état de nature". Pourtant, en ces jours de "captivité", je m'aperçois plus que jamais que c'est notre culture qui nous élève et nous empêche de nous abaisser en dessous de notre condition d'homme.

Ou que je tourne la tête dans le salon, je vois les catalogues d’art que j’ai acheté au bras de mon chéri dans les boutiques des musées que j’ai frénétiquement visité avant cet évènement dont je viens de vous parler et qui me tient alitée. Nous avons vu ensemble toutes les expos artistiques accessibles dans le mois avant cette intervention terrifiante; je me comportais comme un condamné à mort dégustant son dernier repas avant la chaise électrique : Philippe Cognée et Giacometti au Musée de Grenoble, "Les Alpes de Doisneau" au Musée de l'Evêché de Grenoble, "le néo-pop Anselm Reyle au «Magasin» Centre National d’Art Contemporain de Grenoble (voir absolument les Mystic Silver !) , les classiques Casa Batlo, Parc Guëll, Sagrada Familia de Gaudi, la fondation Miro, à Barcelone, Cécile à Massana , l’atelier de Javier Mariscal, la biennale du Design à St Etienne avec son thème «L’empathie ou l’expérience de l’autre».

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Machine-outil du futur

Les questions fondamentales du design à St Etienne étaient légèrement irritantes : «Comment prendre en compte l’environnement de demain» ou «Accompagner tout au long de la vie»,etc. Je n’avais peur que de mourir le lendemain et de ne pas pouvoir participer au progrès futur de l’humanité ! Pensez bien qu’en tant que prof ou en tant qu’artiste, au delà de la contemplation, j’ai quand même toujours l’idée de recycler ce que je vois. J’ai pu apprécier les progrès technologiques en nature, en «live» : une machine à commande numérique brûlant des parties d’un pantalon en jean fixé à plat sur un chassis pneumatique. Cette machine-outil générait des contenus graphiques (motifs, dessins, logos) sur le textile en altérant par brûlure la surface du textile. J’ai demandé un échantillon pyrogravé pour garder une trace de ce projet de développement textile innovant et nous irons voir un exposition de Marithé et François Girbaud en Avril pour peaufiner l’expérience. Cela ressemblait à des pièces de jean délavé à l’eau de javel mais le tissu était piqué de milliers de trous infiniment petits, correspondant aux pixels un dessin d’une rare minutie, réalisant comme une fine broderie aux formes illimitées et inventives. Personne dans les badauds ne voyait ce que voyais moi dans ces expériences d’intelligences artificielles : un bout de mon coeur à la place d’un bout de jean, là devant les yeux, entre les plaques de la machine futuriste. Un coeur modélisé, sur des écrans, Chu de Grenoble…pyrogravure…bizzzz…

Barcelone et la joie de vivre, la « alegria de vivir » de Javier Mariscal.

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Entre vacances et travail, nous avons décidé de séjourner à Barcelone une semaine au début du mois de mars. Charles, 15 ans, mon fiston, le grand «veinard» a fait un stage de découverte (stage du brevet de 3°) à l’ Estudio Mariscal dans le quartier de Poblenou. Pendant une semaine à Barcelone, ce fût la trilogie Gaudi-Miro-Mariscal, et surtout immersion totale dans l’univers de créations plus belles les unes que les autres. Ballades en voiture de jour et de nuit sur les boulevards pour repérer les oeuvres de Mariscal disséminées dans sa ville fétiche, comprendre la passion qui l’anime pour cette métropole catalane, mieux interpréter les dessins que nous découvrons dans son «Drawing life», énorme livre que nous avons acheté chez Vinçon.

Livrés tous les soirs à la recherche de bars à tapas traditionnels, arpentages culturels ou simplement curieux, nous nous sommes «gavés» de plaisir. La télé, les médias, la rue faisaient carrément honneur à Javier Mariscal quand nous étions là . Nous allions chercher le printemps en Espagne et nous y avons trouvé la pluie et le vent, la tempête. Pourtant en compagnie des artistes, Barcelone nous a paru toujours aussi «Caliente».

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Les animaux attachants de nos «cartoon stories»…

Les récits quotidiens de Charles au sujet de son stage au paradis de la création Mariscal, fût une occasion pour oublier nos tracas et le pessimisme ambiant, oublier un instant aussi que notre chat roux, notre mascotte adorée était en train de mourir malgré les soins que lui prodiguait son vétérinaire. Ce chat «spécial», nous l’avions baptisé 3 fois et sans nous mettre d’accord sans pouvoir trancher, chacun ayant sa perception, sa tournure intellectuelle et sa formule sensible nous lui avions donné le nom «Abricot, Iznogoud, Couillon». Il aurait pu figurer parmi les animaux fétiches des comics de Mariscal. Les enfants, très petits à l’époque, lui avait attribué le nom de cet ignoble vizir intraitable, puis appelé couillon car il était tellement gentil que nous l’en trouvions quelquefois idiot. Je ne partageais pas ce point de vue, je pense que la gentillesse ne conduit jamais à l’idiotie. Seule la méchanceté peut y conduire. Très justement, les animaux attachants des «cartoon stories» de Mariscal (hommes-animaux en fin de compte) se déclinent pour mieux décrire les stéréotypes, les archétypes et les grands traits de l’âme humaine. Un jour, il faudra que je dessine à nouveau des animaux.

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Marsical défend des valeurs. L’ours pour les chaussures Camper, le «Faithfull dog» le chien Cobi des jeux Olympiques de Séville 1992, les Garriris, Fermin & Piker. «The fischer dog», le chien pêcheur "Julian" est souvent représenté en solitaire, canne à pêche à la mer, impassible et heureux dans sa barque fragile et touchante, croisant les grands pétroliers des ports de Barcelone. Il est pacifique et contemplatif, tendre et poète. Amoureux de la nature.

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Cobi, la mascotte, l’athlète des jeux olympiques est bien taillé, certes, mais il fait une grimace quand il soulève les altères et son ventre n’est pas aussi plat que dans l’imagerie classique. Il est un peu rond, peu intimidant, sympathique car sportif spontané et bon vivant.

Pop, et transgressive, la vie…«Todo lo que necesitas es amor»

Les affiches pour «Les amants passagers», film d’Almodovar, sont arrivées sur nos écrans français aujourd’hui et font la une des journaux télévisés. Tout le monde n’est pas d’accord sur le film car la majorité des gens n’ont pas envie de se poiler en parlant de politique. Cette fois-ci , dans un avion en perdition qui tourne en rond au dessus de l'Espagne, le cinéaste épingle les effets pervers de la crise. Les passagers de la classe "éco" sont endormis et ignorés volontairement par le cinéaste. Ils sont laissés pour compte pendant que ceux de la classe business "s'envoient en l'air", occupant leur dernières heures à vivre. Ils sont parfaitement drôles, drogués, paranoîaques, tous malfrats… mais finalement sympas, cohabitant dans une ambiance pourtant bien décadente. En tout cas, on ne peut qu’apprécier la peinture sociale. Le visuel, affiche pop réalisée pour le film par Mariscal montre d'adhésion du roi du crayon aux idées transgressives du cinéaste. Je ne peux tarir d’éloges devant ces oeuvres espagnoles. Elles dépassent du lot, changent un peu de tout ce formatage, tout en dérangeant, tout en dégageant bien sûr un message fort …du moins au yeux de ceux qui veulent bien le voir !

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Les rois du crayon

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A la maison, nous le connaissons un petit peu mieux désormais et l’apprécions tous pleinement car nous l’avons aussi rencontré. L’artiste graphiste, designer Javier Mariscal embellit la vie par une quantité incroyables d’objets qu’il conçoit : affiches et génériques, film d’animation «Chico et Rita» primé au Festival d'animation d'Annecy, nominé aux Oscars, un concentré de son univers : musique, amour et fantaisie... Nous nous sommes aperçus que Mariscal, sans jamais vendre son âme au diable, touche à tout et le fait très bien. Avec humour, talent et bonne humeur : cinéma, film d’animation, aménagement et communication pour des grandes enseignes populaires comme H&M (place de Catalyuna), Camper, des couvertures pour le New Yorker, etc. Le graphisme de Mariscal c’est un coup de peps, un coup de joie de vivre en poésie et en couleur. «La alegria de vivir». Quand nous arrivions pour accompagner Charles à l’atelier le matin, nous arrivions dans la cour assez planquée d’un lieu industriel réhabilité en brique rouge. Cet endroit semble être l’épicentre de la création barcelonaise; des agences de design et des cabinets d’architecture se cachent derrière des baies vitrées autour d’un jardin habité. Sur une porte bien opaque une inscription écrite à la peinture blanche bien coulante «Guerrano Estudio Mariscal S.A/ «Todo lo que necesitas es amor» nous indique que nous sommes arrivés. Derrière cette porte modeste et un peu transgressive (il y a aussi le dessin de peace and love) nous découvrons la caverne d’Ali Baba. Comme le petit chien Julian sur sa barque, Charles, toute la semaine, naviguera de projet en projet dans une mer d’oeuvres d’arts (statuettes, livres, comics, affiches, mobiliers, photographies) aussi réussies les unes que les autres. Chaque fois que nous le retrouverons vers 14h il sera plein de petites histoires à raconter, les yeux remplis d’un rêve charmant, pétillant d’envie de faire lui aussi. Au fil des jours, il découvre le langage de l’artiste et la complexité qui se cache devant l’étrange simplicité formelle du travail de Mariscal. Charles petit à petit fusionnera avec la fraîcheur et la spontanéité de Mariscal.

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El fenomeno…nos coeurs battent la chamade au rythme latino

L’homme est agréable et très impliqué aussi. Loulès qui s’occupe de Charles nous recevra aussi sur le pas de la porte pour partager la joie de vivre de cette petite parenthèse créative qui changera peut-être la vie de Charles. Des maths ou de l’art ? Et pourquoi pas un peu des deux ? Une école de design après le Bac ? Dessiner tous les jours sur un iPad comme il l’a fait auprès de Mariscal tout au long de la semaine ? Je n’ai pas eu besoin de lui expliquer à quel point il a eu affaire à un grand artiste, célèbre, actif. Positif. Engagé depuis l'effondrement de la dictature franquiste. Lui dire à quel point il compte parmi les plus grands d’Espagne. Mariscal est un poète malicieux, alerte, passionné et tendre et ça se voit. Mais Charles ne l’est-il pas aussi en miniature avec son brin de sang espagnol et son tempérament passionné et artiste, qui sait (j’aime à le penser…)? Il avait adoré en décembre réaliser son premier à Bresson aux «Deux-Ponts, manufacture d’histoires», arborant à la maison ses sacs en papier remplis de trésors : affiches pour Dior, booklet d’artiste, petits ouvrages façonnés en papier; petits bijoux de packaging de luxe. C’était la première fois qu’il avait mis en veilleuse son obsession pour les maths et qu’un court instant, il s’est autorisé à voir du côté de la création. Sa démarche, son attitude ouverte et son premier voyage «intellectuel» des maths vers les arts m’avait à l’époque donné l’idée folle du stage. J’avais lancé à tout hasard, encouragée par Anne-Marie Fèvre journaliste à Libé, autour de la table du banquet du week-end inaugural du mois du Graphisme d’Echirolles : aller à la rencontre de Mariscal. Voir «El fenomeno».

Site de Mariscal

Poésie Olé Olé et héritage culturel

Nous passons en famille la majeure partie de notre été sur les eaux espagnoles au large d’Oliva, un pueblo espagnol où nous arrimons nos planches à voile. Chaque fois que je rentre ici j’ai la sagesse de penser que je ne suis pas à plaindre. Les montagnes ici sont toutes aussi belles les unes que les autres, gorgées de neige. Mais je languis de retrouver le soleil, la lumière, le mouvement aux accents latino, les ibiscus. Je suis née dans le sud.

C’est avec les dessins mouvants colorés et délicieux de Mariscal que notre voyage a trouvé son tempo en mars. Déjà en novembre sur les sièges du cinéma Pathé d’Echirolles avec «Chico et Rita», et à la Rampe devant le show «colors» il n’avait pas été difficile de se faire une idée précise de la générosité et du talent du bonhomme. Une fraicheur et un potentiel extravagant. Je n’arrive pas à réveiller le coeur de nos élèves de design, pourtant travailleurs et bons concepteurs. Ils sont jeunes, et déjà des êtres très compliqués, emberlificotés et pétris par les stéréotypes et les clichés visuels dont ils se galvanisent quotidiennement. Chacun d’entre eux ou presque est un «digital native» obsédé par le virtuel, se trouvant démuni et désorienté, désinvesti dans la vie réelle, sensuelle, concrète et matérielle. Mariscal, homme expérimenté et cultivé, bon observateur doté d’une remarquable mémoire visuelle, puise dans chaque détail de sa vie, fait feu de tout bois. Inventivité, humour, spontanéité, inspiration poétique, légèreté et profondeur… une prestation unique tellement loin des discours sémantiques plombés de la communication visuelle que nous servons en France à nos élèves. Tiens, me reviens aussi à l’esprit Armacord de Fellini (dernière programmation du ciné-club de St Martin d’Uriage),…les gens sont débonnaires et drôles, les enfants attachants et plein de vie, faisant oublier les parades fascistes par leurs jeux turbulents et passionnés. Malgré les aspects contradictoires de ce film, la beauté, la légèreté, la poésie sont une bonne parade à l’angoisse. Les sons, les lumières, les saveurs, témoignent du vécu et de l'émotion du cinéaste. On se croirait dans les chansons moqueries de Lisa Leblanc, l'Acadienne hors-norme qui roule ses "r" et ne demande rien à personne pour inventer son style prenant et faire son tube en "chiac" moitié français moitié anglais. Dans cette époque de crise où l'avenir est incertain, des oeuvres sous forme de comédies et de shows à la fois profonds et légers semblent nous accompagner pour affronter le pire et nous empêcher de tourner en rond comme l'avion d'Almodovar dans le ciel espagnol.

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vendredi 19 octobre 2012

Fluide et électrique

Il existe un nombre incalculable de solutions d'illumination aussi tentantes et "tendances" les unes que les autres (ci-dessous, ma découverte et mon coup de foudre littéral -dans le genre luxueux tout de même- la lampe Sylva Bruck avec réflecteur en verre soufflé, d'une grande plasticité, une fois allumée la diffraction de la lumière à l'intérieur du globe approche les effets de l'arc en ciel ou de la lave en fusion) .

Dans mes trois derniers projets, j'ai essayé de faire sens avec la lumière et de lui donner un rôle central. Il s'agissait de lieux accueillant du public : hall d'une camping 5*, appartement gîtes de France, hall d'immeubles et de bureaux. Lampadaire_bruck_ok.jpg

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Dans ces espaces, toute entreprise esthétique liée à l'ambiance lumineuse touche vite aux problèmes de l'économie d'énergie. J'ai moi-même incarné le gaspillage, bien longtemps, bien après mon adolescence… du moins jusqu'à ce que m'incombe la note d'électricité. Je n'éteignais pas systématiquement les lampes derrière moi comme aujourd'hui, je laissais tout éclairé sur mon passage. Par inadvertance mon lieu de vie restait quelquefois éclairé en mon absence. Dans les années 80/90 les halogènes, nouveauté très énergivore, servaient en déco à des mises en lumière très "versaillaises". En 1995, j'avais dessiné un plafond pour un salon de coiffure, un spot halogène par mètre carré, les dégagements, les passages, les escaliers compris. A l'époque, et c'est encore visible dans des magasins ou boutiques non rénovées, ce n'était pas un luxe mais une habitude de tout voir dans le moindre détail, baigné d'une halo extra-blanc et violent. Aujoud'hui, nous nous sommes habitués à un paysage électrique fourni mais qualitativement mesuré : un flux sonore (radio, musique douce) et un éclairage le plus "cosy" possible pour donner de la chaleur.

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Mettre du design dans l'énergie et de l'énergie dans le design, engager des actions d'économie d'énergie. Tels sont les objectifs des designers et des décorateurs qui veulent coller avec les préoccupations de leur temps. N'éclairer que ce qu'il faut et quand il faut. S'approcher au plus de la lumière naturelle et de ses différentes qualités, intensités. Utiliser les volumes, modeler des formes et des matières pour qu'elles tamisent, fragmentent, redistribuent la lumière de manière graphique et variée.

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Au début de l'électricité, on ne disposait que d'une seule source (la douille et l'ampoule) pour éclairer une pièce. Aujourd'hui, avec de la lumière on ne s'éclaire pas seulement. Les lampes sont des objets de décoration, créateurs d'ambiance, volumes sculpturaux. Les lumignons et photophores sur les tables donnent un aspect romantique et crépusculaire, source diffusée par la flamme en mouvement. Les lampions solaires pour l'extérieur, les leds (spots et rubans) et de nombreux objets éclairants sont utilisés pour des effets lumineux très ciblés.

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L'idée est aussi de matérialiser le flux électrique en lui donnant de l'importance et en permettant à l'utilisateur de faire changer les formes et les puissances, de moduler la consommation et surtout de la surveiller.

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Plus il y a de manière différenciée d'éclairer un pièce, à la condition bien sûr de ne pas éclairer tout à la fois, plus la consommation se règle sur les besoins. Un mur d'un salon peu être éclairé seul avec une lumière rasante de faible puissance (leds teintes froides ou chaudes) pendant que la TV fonctionne et émet sa propre lumière. Dans cette même pièce et à un autre moment, un lustre à faisceau large et à émission douce est suffisant au dessus de la table pour éclairer le repas du soir. Le choix des ampoules (ou les modèles des spots, encastrés, submersibles, projecteurs, réglettes led, flex, bornes, etc) est primordial et suit le besoin exactement.

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mercredi 17 octobre 2012

Saison 2

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Comme dans une série américaine, les épisodes s'enchainent avec de nouveaux rebondissements. La rambarde de l'escalier en verre pour la villa de Haut de Jarry est arrivée et pour notre poseur préféré David c'est reparti après deux mois d'arrêt.

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Pour moi, ce sera un point d'orgue que de finir ce projet technique et ce long et beau chantier commencé au printemps. J'avais opté là-bas pour un aménagement qui avait changé énormément la pièce unique assez vaste, en plein de petits sous-espaces accentuant les différentes fonctions de l' entrée, de la cuisine, de la salle à manger et du salon.

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L'idée avait été de diviser grâce à des cloisons modulo en plâtre faisant claustra (paroi à claire voie mais n'autorisant pas le passage) et de poser une casquette bien saillante sous la mezzanine afin d'abaisser le plafond tout en créent une zone très éclairée pour le coin repas. Beaucoup d'éléments ont été créés sur mesure à partir de nombreux croquis ( notre staffeur préféré René s'est très bien débrouillé pour poser les éléments en modulo staff de la bibliothèque, étagères en porte-à-faux, une originalité qui a nécessité un ingénieux montage préparatoire à base de renforts placés dans l'épaisseur du mur).

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L'ensemble était déjà assez soigné et cossu à l'origine mais aujourd'hui le résultat est plus clair, avec des tonalités tendres et contrastées, résolument contemporain dans les formes (corniches et des murs très déco), Les huisseries alu blanches tranchent sur des murs aux couleurs mates, duveteuses et moirées "Carénia". Nous avons supprimé l'alliage cuivré et argenté prévu au départ mais le résultat est extraordinairement convaincant (et j'imagine la suite si nous équipons cet espace comme prévu avec les éclairages en verre soufflé BRUCK Sylva, appliques qui allumées font l'effet d'une lave en fusion, effet chaud/froid garanti).

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mardi 16 octobre 2012

Philosophie "outdoor"

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Aujourd’hui, une fresque est en attente pour un hall à Perpignan et je dois honorer quelques commandes en retard pour des tableaux en tôle d’aluminium pour décorer des appartements encore. Je me réjouis de me consacrer à nouveau à ces oeuvres esquissées depuis plusieurs mois. Si je n’avais pas à côté de mon métier d’enseignante une pratique plurielle créative et indépendante, mon esprit ne pourrait fonctionner sans perdre confiance et joie de vivre.

Des projets de peinture à continuer et dessiner toujours…

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dimanche 14 octobre 2012

Pro et prof, verve en berne !

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Pro, prof et profil : «réformé» . A ceux qui me pose la question : pro et prof, je suis toujours prof, prof de design et prof d’arts plastiques et j’ai toujours ma petite entreprise d’architecture d’intérieur dans laquelle je mène 3 à 4 projets par an.

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Je me fraye un chemin entre 2 établissements scolaires ( une pensée pour Claude Chabrol et son film la «femme coupée en deux»''). Je cavale entre Echirolles, le Touvet et St Martin d’Uriage. Conséquence immédiate : pas d’expo cette année, pas l'esprit, pas le temps ! Les élèves de collège, ce n’est pas si différent que ça des futurs bacheliers dont j'avais l'habitude…

Projet fou tout de même et assez éreintant que de faire créer en quelques minutes : 60 minutes exactement, moins l’appel sur ENT environnement numérique de travail soit 10 minutes, moins la prise en notes des consignes de cours 5 à 10 minutes, 40 minutes moins le rangement de la classe lavage des pinceaux, mettre les papiers à la poubellle et se souhaiter bonne semaine, allez disons 30 minutes de création ! S'il reste du temps, quelques minutes pour explorer des références en art contemporain, je projète une oeuvre magnifique de Pierre Soulages, Cindy Sherman ou Anish Kappor et… hop la sonnerie coupe cours et court.

vendredi 12 octobre 2012

Et staff !

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Appartement à St Martin d'Uriage, mars / juin 2012

Dans les moirures, brillances, chatoiements, effets de miroir démultipliants, la couleur prise dans un ensemble bien cadrée et bien calée, comme dans un tableau en peinture, traduit l’atmosphère d’un lieu. Comme les espaces naturels extérieurs, les espaces intérieurs n’attendent que le lumière pour être révélés. J’ai choisi une intensité électrique comme si une lampe à arc fonctionnait avec du bleu à la place du blanc. Les tôles à la finition très brillante et translucide (effet gloss) renvoient la lumière mieux que ne le feraient mes toiles. Les leds blancs se réflètent encore une fois comme les silhouettes qui passent devant.

Les couleurs de la terre se déclinent autour de celles de l'eau en sensations estivales : la caresse du sable blond sous les pieds et la mer avec son énergie turquoise qui claque sur son fond de montagne rouge, brune et noirâtre.

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La décoration de l’appartement pour les Gîtes de France, le deuxième, fût un moins grand chantier mais tout aussi complexe : il s’agissait d’une réhabilitation, pas seulement d'une réparation et mise en sécurité, mais aussi d'une mise en conformité avec les critères assez exigeants des Gîtes de France. Il y avait d’abord le contexte : les abords immédiats d’Uriage avec sa source d'eaux thermales aux propriétés curatives et l’accueil donc des curistes, et pas loin non plus des sommets de Belledonne avec ses touristes arrivants peu chargés, désireux de trouver un nid douillet sans lever le petit doigt après avoir fait randonnées et ski. L’aspect villégiature de la maison n’est plus à justifier avec ses parements rouge basque et son blanc cru. Il a fallu apporter autre chose pour cet autre logement au sein de l’immeuble et valoriser la terrasse plein sud tout en se protégeant des rayons du soleil, été comme hiver. Le bleu apporté par les leds et les choix de finition en staff de plâtre disséminés partout (cuisine, salon et l’entrée) ont permis de faire oublier les découpes et les surfaçages arbitraires en les transformant en nouveauté absolue. Impossible de reconnaître l’ancienne cuisine-laverie et d’imaginer l’ancienne chambre transformée en salon. Le mur en capiton de plâtre avec une double corniche en ruban led et spot leds très froids.

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jeudi 2 février 2012

Gîte à recommander…

Ici, dans notre petit monde de St Martin d'Uriage, nous faisons beaucoup de créations et même nos petits flyers dans l'espoir grandiose d'avoir toujours du monde pour occuper mon ex-atelier converti depuis 3 mois en gîte rural. La charte graphique suit le style de la maison : "vintage", rétro mais nous l'espérons pas bobo…

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Couleur locale pour des bureaux

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Un cheminement

La métamorphose du bâtiment est impressionnante. Nu il était beau mais raide, empreint d'une certaine gravité et sérénité avec ses parements en béton moulé (fabriqué d'ailleurs par des Grenoblois, rois du béton depuis Vicat). Maintenant, les bureaux vivent avec leurs enseignes publicitaires, le mobilier urbain environnant. Avec la stratification des écritures (pubs des commerces, graphismes et aménagements divers), cet immeuble de périphérie, monolythe noir et imposant, a perdu un peu de rigueur tout en gardant sa belle entrée centrale que nous avons pu accentuer par le marquage au sol des circulations. Un paillasson de carrelage rouge terre souligne le passage de l'extérieur vers l'intérieur en se prolongeant dans le sens géométrique de la pièce (carreaux Porcelanosa de 60 X 60 posé sur un fond clair).

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Une fresque représentant le port

Ma longue fresque représentant le port de Montpellier et le quartier de Ricardo Boffil est là pour réchauffer l' espace contemporain et fonctionnel, que j'ai souhaité, dès le départ, pur produit de l'architecture industrielle. Avant d'accéder aux bureaux, j'ai imaginé une circulation large et simple jusqu'à l'ascenseur en inox (finition cossue). J'avais choisi à l'époque de revêtir les murs de panneaux à clipser avec des joints creux (pose longitudinale) et le résultat simple et efficace me plaît bien. En revanche, surprise en cours de réalisation, le dépassement des gaines a obligé la pose de caissons blancs de chaque côté (un peu indigestes au final) qui forment un goulet avant l'ascenseur. On fera mieux la prochaine fois en ne fonçant pas tête baissée sur des formats de carreaux larges qui ne tolèrent aucun changement de plan. Car… ça se voit. Hum !

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L'air du temps : façades de Castelnau

immeubles_jpeg.jpgCaramel / Framboise

Au soleil des balcons, des couleurs de sorbets ont apporté un aspect mordoré et exotique aux façades de l'immeuble "Les Aménomes" à Castelnau-Le-Lez que nous avions été chargés de colorer. A distance de Lyon, nous avons travaillé rapidement, avec comme point de départ les photos de chantier, nos souvenirs de la visite éclair, là-bas dans l'Algeco, un fichier Autocad. Nous avons opté pour un éclairage flash : de l'extra blanc et de la couleur vive, une histoire d'harmonie fraîche et clinquante, à imaginer avec un brin de ciel bleu et de mistral. Plutôt qu'une colorimétrie "bon chic bon genre" lie de vin et bordeau prévu à l'origine par l'architecte que nous avons relayé, nos choix se sont arrêtés sur des teintes Seigneurie et Gauthier d'intérieur converties en RAL pour les besoins de la commande (extérieur). Supplément chocolat pour le pare-soleil, préféré en alu laqué facile d'entretien comparé au bois prévu aussi dans le projet d'origine.

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Sète arrivé…

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''"Dans les plus grands ports du monde, il y a toujours, dit-on, un petit port dedans". ''

Une série de carrés pour une touche de décoration pittoresque

Avec la ville de Sète, le port s'invite en ville. Les navires se promènent au coin des rues. Dans un foulli se mélangent remorqueurs, cargots, petits zincs, barques pour les joutes. Dans les bars, tout le monde semble d'accord pour perpétuer un voyage au long-cours.

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Investie d'un travail de décoration intérieure dans des halls d'immeuble réhabilités tout près de l'eau, en plein milieu du vieux port, sur le site des anciens chaix, j'ai choisi de valoriser l'image d'une ville maritime au décor de palabre, j'ai eu envie de rajouter une couche au joli décor d'opérette.  Sète est loin des préoccupations  de Montpellier avec ses terres, son vignoble. Filets au murs, les restaurateurs vont à la pêche, à l'hôtel il y a des étoiles séchées, les boutiques souvenirs sont pleines d'objets vieillots, embaumés, directement imités de l'embarcadère. J'ai proposé une série d'images pittoresques à travers une série de tableau en aluminium représentant tout simplement les produits de la mer, vus juste vue à côté dans l'étal de la poissonnerie :  coques, langoustes, poulpe, empilement de poisson, citron…

La couleur et la brillance font loi

Les couleurs sont exagérées et exubérantes et la brillance du vernis "gloss" que j'utilise pour la finition des tôles convient bien pour rendre la brillance des poissons et des crevettes. Aussi luisants que chez le carrossier, des dessins rappellent les matières des fruits de mer dans la cagette.

mardi 18 octobre 2011

Archidéco 2011

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Je me permets de compléter l'article qui précède par quelques documents concernant les aménagements récents qui ont enfin vu le jour. L'exposition à l'Office du tourisme d'Uriage regroupe aussi des esquisses, des croquis, des carnets, des éléments de ma pratique d'architecte d'intérieur.

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Un chantier chez nous s'est achevé avec réussite. L'architecte Xavier Calin a dessiné un escalier à la face arrière et les plans intérieurs que nous avons déposé en mairie pour la création de 2 appartements. Je m' attribue la création de la grande fenêtre sur la face avant, qui a été taillée par TB38 les découpeurs de béton. Pour la petite histoire, je me suis réveillée un jour d'hiver après avoir travaillé la veille sur les plans des appartements avec X. Calin, avec une idée aussi têtue que précise : faire une fente de 6m de long sur la face avant de la maison. L'oeil de cyclope (une toute petite fenêtre dessinée pour le grand froid) fût transformée en une grande bouche de lumière.

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J'ai pris le relais de l'architecte pour la déco extérieure des façades et la déco intérieure avec encore Thierry Duchêne qui a représenté en 3D les calepinages en carrelage Marazzi et participé aux choix de la décoration. Nous pouvons dire que nous faisons équipe. Dedans la déco s'organise autour d'un mur en plâtre à effet capiton, des couleurs sur la base des tons du galva et du mobilier retro le plus en relation possible avec la maison des années 40 / 50.

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Les premiers halls d'immeubles à Vendargues et Castelnau -Le-Lez sont installés avec les murs en panneaux mélaminés de couleur, des ascenseurs en alu, des carrelages Porcelanosa et les tôles (23 modèles carrés) puis quelques plus grandes fresques pour lesquelles je me rendrai prochainement à Séte et Montpellier afin de rapporter quelques photos.

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Un projet de véranda m'a donné beaucoup de travail mais je n'ai pas anticipé que ce projet ne serait jamais réalisé avec moi; nous étions plusieurs sur le coup à être consultés en même temps mais sans être tenus au courant les uns les autres. Heureusement que cela n'arrive pas souvent. La maison réalisée par Groupe 6 était bien implantée au soleil et je me suis lancée dans un système de double baie (intérieur / extérieur) à galandage avec un toit isotope interrompu par un couloir transparent et lumineux sur un faîtage en épi venant se mettre sur une charpente classique.

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Trois rendez-vous ont été pris avec des artisans et je tiens trois études techniques qui peut-être me permettront de réaliser cette idée dans un contexte semblable, sur terrain plein plat, une autre fois… J'ai aimé donner une certaine frontalité en redonnant une axialité par le dessin d'une nouvelle entrée avec des accès minéraux et des bordures végétales, des éclairages au sol. Thierry Duchêne mon compagnon qui a planché sur les avant-projets vues 3D a été aussi déçu que moi. Les risques du métier de la création.

mardi 11 octobre 2011

Vernissage mercredi 12 octobre à l'Office du Tourisme d'Uriage

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Déjà l'automne, déjà le moment de l'expo annuelle dans l'ancienne petite gare d'Uriage, à l'Office du Tourisme. Le travail n'a pas manqué mais le temps oui. J'ai fait beaucoup de croquis pendant les ballades en mer ou en montagne, sorties "nature" qui ont ponctué l'année 2011. 23 grandes tôles ont vu le jour et il ne m'en reste que 5 grandes à montrer car les autres sont en place dans le midi ou dans la région. Et tous les dessins croqués ci et là occupent les cimaises.Les aménagements d'actualité l'année dernière sont bouclés avec un énorme effort fourni du côté de la décoration d'intérieur et de l'aménagement d'espace (projets présentées dans la vitrine). A demain donc avec le pot de l'amitié.

Exposition du 12 octobre au 4 novembre / "Pensées du moment"

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