Exposition à Lectoure. vernissage le 28 juin,42 rue Nationale, 32700 LECTOURE. Tel : 05 62 68 73 75. ALEXANDRE POISSON ET GENEVIEVE GROUSSON-TROYES Peinture, design et vidéo

Rien à voir avec de la peinture, au premier niveau donnant sur la rue , sont exposées des pièces en tôle d'aluminium , qui sont fabriquées industriellement, à partir d'un fichier numérique.

Le franchissement des frontières de l'art classique et la confrontation à de nouveaux territoires hybrides, transversaux, prolifiques (vidéo, technologies industrielles) aident à produire du sens. J'ai la conscience que les changements de supports, d'échelle, de matériaux transforment la relation entre le spectateur et le dessin. La distance entre l'un et l'autre est considérablement diminuée : tous les détails du trait et du geste sont révélés par l'agrandissement. On peut voir également qu'avec peu de matériaux mais un usage noble de ces derniers, et des finitions industrielles de qualité, la mise en forme change radicalement le rapport au dessin qui est vu comme à travers une loupe, un microscope . Et puis, il y a aussi le jeu de tension entre le papier - léger, fragile, sensible, sensuel - et le métal - solide, rigide, noble d'aspect et à la rondeur satinée - qui est central.

J'essaie de transférer, pour la première fois, mon expérience de designer dans le travail d'artiste que je poursuis depuis quelques années. Aujourd'hui, Je mène de front deux pratiques mais en essayant de créer des ponts. Certaines limites, dans chacun des domaines spécifiques, ne peuvent cependant être franchies au risque de décevoir.

D'abord le dessin est réalisé à la mine de plomb sur du papier à grain. J'utilise le "plein et de délié" du trait pour saisir le mouvement. La capture du "geste" et la netteté des tâches d'aquarelle ou d'acrylique sont essentiels. Je scanne en haute résolution pour conserver la qualité et permettre les agrandissements éventuels mais sans intervenir sur le cadre et la composition. Je veux rester proche du dessin devant le modèle, garder l'émotion, la sensibilité. C'est mieux de maintenir un dialogue entre les dessins et les tôles (dans la captation iconique des corps, le plus important est le rapport du trait et du geste sur le fond, la page blanche). Je pourrai décider de garder l'aspect métallique du support de base mais je choisis de conserver le fond blanc. J'interviens aussi en graphiste pour décider des placements des mentions obligatoires (signatures, numéro, texte). Le fichier est transmis pour la réalisation de la pièce en tôle.

Le revêtement est issu de la technologie, d'une technique qui consiste à déposer l'image (dessin ) issu du support numérique, à l'intérieur d'un revêtement thermodurcissable appliqué sur un support métallique, résistant à haute température. Il reçoit ensuite un traitement anti-corrosion type "bâtiment". Sous l'action de la chaleur et d'une forte pression obtenue par le vide, le décor (dessin) est absorbé par le revêtement déposé sur la tôle. L'opération ne dure que quelques secondes et le décor est définitivement intégré dans la matière. Normalement réservé à la signalétique (cf. DDE ou panneaux urbains en tôle céramique), ce procédé technologique d'exception permet d'obtenir une sorte de "toile" en tôle (le dire vite"toilantol") à l'aspect totalement plat, lisse et satiné, inaltérable, étanche (il peut subir les intempéries, eau, gel, pollution). Les tôles sont découpées, pliées, ouvragées en forme de chassis de l'épaisseur d'une toile. Il en demeure que le résultat est une oeuvre d'art que l'on appelle communément "un multiple". Une numérotation semblable à celui utilisé en gravure permet de remédier à la sérialité absolue du design et des objets de décor. Leurs prix résultent du coût de fabrication essentiellement mais il n'y a rien à regretter car le rendu final est unique lui aussi. C'est une première.

Pour la pièce jointe, l'affiche de l'exposition, cliquez sur annexe.

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