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Je ne sais pas si c'est mon service scolaire qui fait du mot un objet d'amour.

Dans mes pratiques de graphisme ou de design, je cultive "le mot" jusqu'aux confins. Je le porte avec enthousiasme, ce qui fait de moi une bavarde mais aussi me permet d'être critique et d'essayer d'enseigner l'esprit critique. Dans mon exposition "Mood-board", j'ai cloué (au sens propre et au sens figuré) des mots "inducteurs" qui me conduisent à un dessin ou inversement. J'ai observé "des constantes" au fil du temps. J'ai eu envie de les évoquer et de les placarder comme un affichiste. J'ai fabriqué des petits panneaux d'annotations et de mots, regroupés sous la forme d'un "nuage" en référence au web. J'y ai donc consigné des mots, traité graphiquement dans une typographie contrastée qui met en valeur une hiérarchie. En gros tout ce qui se rapproche de près ou de loin à ma pratique graphique, à mes dessins et qui justifie mes envies de le faire comme je le fais. Gainsbourg disait toujours qu'il aurait préféré être bon en peinture, moi j'aurai aimé écrire et je demeure dans le doute pour tout ce que je fais, même si j'en suis fière, le défendant bec et ongles. Cette passion de l'expression me donne aussi beaucoup de complexe, paradoxalement.

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La quête du sens

Nous pédagogues nous disons souvent la pensée s'accomplit en parlant tout comme le concept graphique nait en créant; en ce sens tout se crée en même temps, simultanément, dans "l'action" et dans "le faire". Puis "le dire". Parler, dessiner, écrire en harmonie, réussissant une parfaite fusion du fond et de la forme (deux notions qui du coup n'existent plus l'une séparée de l'autre), à la recherche du sens. Le simple fait d'élire tel ou tel sujet, d'extraire, de synthétiser, d'abstraire permet de mieux accéder à cette signification ou à cette symbolique si nécessaire et tant recherchée. Si la manière change, tout change. Je sais à quel point je ne peux que difficilement changer mes outils : mine de plomb , pointe souple pour le geste, couleur liquide et transparente pour obtenir des glacis. Beaucoup de blanc, le fond de la feuille. Dessiner sur une page blanche est aussi jouissif qu'être le premier à faire les traces dans une pente de de neige immaculée. La vie d'aujourd'hui ne se nourrit que de répétitions et de copies en cascade. Des gestes communs à la culture qui ne se livre plus qu'à la mode et à ses dictats. Une piste de ski ratissée par les touristes les semaines de vacances et désirs similaires à la queue-leu-leu.

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Plus grand

J'aime mieux mes très grands formats mais je ne garde pas ce que je fais. Je n'ai pas osé faire un prêt auprès de mes acheteurs pour le temps de l'expo afin de montrer mes dernières pièces. J'ai remis mon diptyque des 2 grands lys jaunes que les habitués avaient déjà vu chez moi…désolée mais ils servaient bien mon propos. Les petits formats étaient un peu "perdus" même si ce "Mood board" fût apprécié pour ses nouveaux supports en bois, fabriqués maison… Nous étions nombreux au vernissage et c'est toujours pareil, mes amis honorent ce rendez-vous, je sais que je peux compter sur eux. Si j'avais du temps j'aimerais tous les dessiner.

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